5 bonnes raisons de s’entraîner à ne pas répéter ses discours

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Répéter un discours peut être parfois contre-productif et n’est pas toujours la meilleure approche pour un cadre ou dirigeant. Cela, nous l’avons vu dans dans cet article : 3 raisons pour lesquelles répéter son discours n’est forcément pas la meilleure approche.

Mais ce que nous n’avons pas encore dit, c’est que s’entraîner à ne pas avoir besoin de répéter ses discours présentent aussi des avantages pour le cadre ou dirigeant surchargé de travail. A condition, bien sur, de prendre garde à certains travers.

1. Rapidité de préparation

Ce premier point est le plus évident : la durée de préparation est forcément réduite, puisqu’une partie importante et particulièrement chronophage est retirée. Répéter prend énormément de temps.

Il faut cependant prendre garde à ne pas subir. L’argument des formateurs en prise de parole en public pour justifier l’absolue nécessité de répéter découle de ce constat : beaucoup ne répètent pas par manque de temps, et délivrent ensuite un discours particulièrement mauvais. Il serait de mauvaise foi de nier ce constat.

Mais corrélation n’est pas causalité : le discours est mauvais surtout parce qu’il n’a pas été bien préparé, pas seulement parce qu’il n’a pas été répété. Lorsque les formateurs amènent leurs élèves à répéter, ils les obligent aussi à mieux se préparer. Dans notre système, cette préparation, optimisée, permet de réduire (voire d’éliminer) le besoin de répéter.

S’entraîner à ne pas répéter ne veut pas dire improviser !

Il s’agit de mettre en place un système qui nous permet d’être à délivrer le discours, correctement préparé, même sans avoir eu à le répéter. Evidemment, cela demande un peu d’entraînement, cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Mais le résultat est là : la préparation ayant une composante très chronophage en moins, elle est beaucoup plus rapide.

2. Concentration sur le message

Les orateurs moins expérimentés passent souvent trop vite à cette phase de répétition. Le temps et l’énergie étant limités, ils essaient de répéter au plus vite, afin d’avoir suffisamment pratiqué avant le discours.

J’ai vu nombre d’orateurs délivrer un discours très répété (et malheureusement, on sentait qu’ils passaient dans l‘étrange vallée), mais dont le message n’était pas clair. Ils n’avaient pas passé assez de temps à la phase préliminaire de la préparation et s’étaient précipités trop vite vers la répétition.

En ayant pris l’habitude de ne pas avoir besoin de répéter, rien ne presse : on peut consacrer plus d’attention à peaufiner le message clé, la notion centrale du discours. Comme pour toute tache, la loi de Pareto s’applique. 80% du discours est dans ce message clé. Passons donc plus de temps à nous assurer que nous l’avons bien défini, sans brûler les étapes.

Ne pas avoir à réserver un temps excessif à la répétition nous permet de continuer à peaufiner ce message, même très peu de temps avant le discours lui-même.

3. Rester naturel

Nous avons déjà mentionné l’étrange vallée. C’est ce passage où l’orateur connait parfaitement son discours, à force de l’avoir répété, mais ne l’a pas encore intériorisé. Le discours semble cocher toutes les cases : il est fluide, la voix est bonne, le langage corporel est approprié. Mais quelque chose sonne faux et peu naturel.

C’est ce moment où l’orateur peut déclamer son discours mais doit encore penser à ce qu’il dit et fait. Il n’est donc pas complètement libéré du discours, moins réactif aux imprévus, et moins connecté au public.

Les conférenciers TED, qui ont répété le discours, restent naturels, me direz-vous.

C’est vrai. Mais c’est justement parce qu’ils ont réussi à sortir de l’étrange vallée. Pour cela, ils ont du répéter énormément, pendant longtemps, et tout le temps ! Certains conférenciers témoignent que leur discours commençait à être naturel seulement quand ils étaient capable de le répéter en faisant autre chose en même temps ! Cela signifie simplement qu’ils étaient arrivés au niveau de la compétence inconsciente.

Il y a deux zones où le discours sonne naturel : avant l’étrange vallée, et après. Mais pas dedans. Apprendre à délivrer un discours sans le répéter (ou différemment, comme nous le verrons avec la répétition masquée) permet d’éviter l’étrange vallée et de rester naturel.

4. Être réactif

Être entrainé à ne pas devoir répéter son discours présente aussi un avantage indéniable pour un cadre ou dirigeant : il devient très réactif. A deux niveaux.

Premièrement, il est capable de réagir plus efficacement face au public, et de s’adapter. Dans la vraie vie, un discours n’est pas toujours délivré face à un public docile, depuis une estrade (comme durant une conférence TED), mais face à un public parfois moins attentif, moins discipliné, et peut-être lui-même plus actif. La répétition peut nous amener à facilement perdre le fil quand tout ne se passe pas comme prévu. Avoir appliqué un système différent permet de garder la réactivité, car on n’est pas figé dans un schéma précis.

Deuxièmement, cela permet d’être réactif en général. Un orateur fait faux bond pour la conférence de ce soir, et il faut quelqu’un pour le remplacer ? Pas de problème, vous serez disponible, car vous savez que vous serez en mesure de délivrer le discours. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises de devoir délivrer un discours avec trop peu de temps pour seulement envisager de le répéter. Grace à mon système, j’ai pu relever le défi.

Dans certains cas, j’ai même eu le sujet (le titre du discours) avec seulement 10 minutes pour me préparer. Dans des cas comme ça, il faut être réactif !

5. Forte contrainte = système

Evidemment, ne pas répéter ses discours et être en mesure de les délivrer au niveau que le public mérite, cela demande un peu d’entraînement. C’est comme pour apprendre le vélo : les débuts sont difficiles, il faut apprendre quelques règles et s’entraîner beaucoup. Mais une fois qu’on a atteint le niveau de compétence requis (et comme pour le vélo, il n’est pas si élevé), cela ne s’oublie pas.

Être prêt rapidement pour un discours sans le répéter crée une contrainte très forte. Il faut aller vite et être concentré sur l’essentiel. Pour que cela fonctionne, il faut un système bien rôdé.

Etant moi-même dans la situation où la préparation du discours ne pouvait pas me prendre trop de temps, j’ai systématisé une approche qui me permettait d’être prêt rapidement. Dès le début, j’ai décidé de me mettre en difficulté et d’augmenter la contrainte en ne répétant pas mes discours. De la contrainte nait la créativité. J’ai suivi plusieurs voies, ai connu quelques déconvenues, mais aujourd’hui, ce système que je peaufine depuis plus de 10 ans fonctionne.

Mais le plus beau, c’est que comme tout bon système, il a fonctionné pour moi, mais il fonctionne aussi pour d’autres. Nous le verrons plus en détail dans un prochain article…


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